19.11.15

Silence absolu

Cher Fils de pute,

il y a deux jours tu as cru réduire la France au silence. Tu as presque réussi ton coup. Presque.
Nous sommes lundi matin. Je prends le métro.
Je fais partie des parisiens qui ont eu de la chance cette fois-ci de ne pas être en terrasse à boire des coups ou dans une salle de concert. Pourtant qu'est-ce que j'aime boire des bières dans les concerts !
Je prends le métro comme tous les lundis matins pour partir travailler. J'ai déposé mes enfants à l'école. Comme tous les matins.
Sauf qu'aujourd'hui il n'y a pas un bruit dans la rame. Personne ne braille confondant métro et cabine téléphonique. Personne n'écoute de musique tellement fort dans ses écouteurs que tous les voisins de voyage en profitent. Personne n'entre dans la rame pour demander une pièce ou un ticket resto.
Ce silence nous rassemble.
Aujourd'hui nous sommes hagards.
Hagards parce qu'en deuil de nos potes, de nos potes de potes, de nos mères, de nos pères, de nos frères, de nos soeurs, de nos enfants.
Hagards mais dignes. Hagards mais debout. Hagards mais riches de notre liberté. Hagards mais forts des valeurs que nous transmettons à nos enfants. Hagards mais forts des sentiments que nous partageons avec toutes les communautés. Hagards mais lucides. Hagards mais pas drogués comme tu l'étais certainement pour tirer sans ciller sur des gens de ton âge, pour faire sauter ta cervelle déjà bien vide en passant commande à une serveuse.
Hagards mais couillus. Hommes et femmes.

Il y a deux jours tu as volé notre insouciance et celles de nos enfants. Et ça, cher Fils de pute ça ne pardonne pas.
Mais tu n'auras pas notre liberté. Celle de penser. De réfléchir. De boire. De bien bouffer. De baiser. D'aimer. De lire. De débattre. D'échanger. D'être curieux de l'autre. De vivre comme bon nous semble. Ta frustration, ton ignorance, ta bêtise, ton inculture, ta folie sont meurtrières mais vaines.

Ce soir comme tous les soirs depuis vendredi, je vais allumer une bougie à ma fenêtre. Pour penser à ceux qui sont partis. Pour te rappeler aussi que dans nos esprits les Lumières brillent toujours, quand dans le tien c'est l'obscurantisme total.
En mots simples, cette bougie c'est un doigt d'honneur que je te tends, fièrement.

Cher Fils de pute, je te dis à demain,
Inch'Allah comme disent les musulman, les vrais.










6.7.15

Les mots de l'enfance #2

Crédit photo : Karine Couëdel

Suite des pépites sorties de la bouche de ma fille, 3 ans, un bidon de bébé, des attitudes de diva et des mots de grands modelés par son imagination.
Savoureux. A partager sans modération.

- Chut maman ! Écoute on a "toc-toquer" à la porte. ( Mon préféré du moment )

- Maman, on joue. On dirait que c'est ton anniversaire. Alors je te chante une chanson. Tu écoutes hein... "Joyeux annidayou, joyeux annidayou maman, joyeux annidayouuuu". Vous l'aurez compris, c'est la version frenglish de Happy Birthday to you. Eh ouais.

- Ce n'est un secret pour personne ici, la couture est très présente à la maison. Forcément princesse en chef pense que je couds toujours pour elle. J'entends donc souvent, "maman, qu'est-ce que tu vas me couturer aujourd'hui? ".


Hey hey je vous avais prévenu on a du lourd. Et vous quels sont les bons mots que vous notez ?

Bonnes grandes vacances
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